Numéro de mai 2000

Sommaire:

          . Edito

          . Les infos CREMeuses

          . Vous, je ne sais pas, mais moi …

          . Dernières informations sur les réformes des études médicales

          . Compassions et compétences

          . Humanitaire

          . A propos des externes


EDITO
 

 Si si c’est bien lui : le dernier numéro du Petit Galien de cette année 1999-2000 !!
Vous pourrez constater qu’il n’est pas aussi fourni en articles que les précédents numéros: serait-ce dû à la période des révisions ? Et oui, nous sommes tous dans le même cas: condamner pendant quelques années encore (!) à sacrifier les belles journées du joli mois de mai... (soupir...).

 Mais peu d’articles ne signifie pas que ceux-ci ne sont pas intéressants ! Bien au contraire!
 Vous trouverez donc dans ce numéro un article sur l’empathie sur lequel je vous invite à méditer. Ne soyez pas effrayer par sa longueur car il est passionnant et nous pose à nous, futurs médecins, un grand nombre de questions qu’il me semble être essentielles pour exercer l’art de la Médecine.
  Justement, parlons de notre avenir et plus précisément de notre avenir proche d’étudiant en médecine: vous trouverez également dans ces pages des infos plutôt bonnes quant à l’évolution de la réforme des études médicales: à lire donc de toute urgence, ... et à suivre ...

 Je profite de ce dernier numéro de l’année pour rappeler les objectifs de ce journal: Le Petit Galien a pour but de donner la parole à tous les étudiants. Il est aussi là pour vous informer des différents évènements nous concernant: vie de la fac, vie étudiante, réformes, etc...
Les articles écrits n’engagent que leurs auteurs et permettent un droit de réponse; nul n’est parfait et ne peut prétendre affirmer quelque chose sans erreur; et puis les avis sur un sujet peuvent divergés, et heureusement ! Que la vie serait triste si non !
D’autre part, tout article proposé est publié; nous ne sommes pas forcément d’accord avec le contenu des articles proposés (cf. plus haut) mais sous quel droit pourrions nous censurer tel ou tel ? A partir du moment bien sûr où il n’y a pas discrimination, injures envers un tiers, diffamation,...
 C’est par les différences d’opinions et à partir de divergences que nous arriverons à construire quelque chose, ensemble: écoutons-nous!

 Nous attendons donc vos articles pour le numéro de la rentrée ! Alors, tous à vos plumes !

  Bonne lecture à tous.
  Bonnes vacances pour ceux qui y seront bientôt
  et bon courage à tous ceux qui travaillent.

                                                                                                                        Cordialement
                                                                                                                        Xavier LEMERCIER, P2


 Infos CREMeuses
 

 LOGO…

Vous avez sûrement remarquer le petit changement sur la couverture du Galien. Comment ça non ? Mais si, regardez bien : le logo du CREM… et oui, il a changé !
Nous remercions donc Nadia pour sa collaboration active dans l’élaboration de ce logo.
 Je vous rappelle par ailleurs que des tee-shirts arborant ce sympathique serpent sont en vente au CREM (au prix modique de 50f ) : voilà de quoi faire sensation cet été sur les plages et dans les boîtes de la côte ! !
 

  GALIEN

Le prochain Galien sortira dés le mois d’octobre, vous pouvez déposer vos articles au CREM durant tout le mois de juin et le mois de septembre (vous pouvez aussi les envoyer ou les faxer : cf. ci-dessous). Alors n’hésitez pas et racontons nous vos vacances ou tout ce dont vous avez envie ! !

 

« Vous, je ne sais pas, mais moi… »

  Qu ’ est ce que l’incivisme ?
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais les gens qui se garent sur les places «handicapés » au supermarché, moi ça me gonfle. Vous allez me dire que ça arrive à tout le monde, et bien non ça ne m’arrive jamais, et vous ?
  Alors, de temps à autre pour passer mes nerfs, je m’ en « tape » un ou une. Je le vois se garer, je m’approche et je lui demande s’il est handicapé. La plupart du temps : non.
  Mais j’ai droit à toutes les excuses du monde :  « je suis pressée », «je n’ai pas le temps », «qu’est ce que  ça peut vous faire, vous n’êtes pas handicapée »…J’en passe et des meilleures, comme s’il fallait être handicapé pour s’occuper d’eux, ou encore diabétique pour être endocrinologue (nota : remplacer par la patho et la fonction que vous souhaitez )
  Alors la prochaine fois que vous irez faire vos courses et vous serez tenté de vous mettre à une place qui ne vous est pas destinée, pensez à cet article. Pensez aux gens que vous rencontrez à l’hôpital , pensez à votre copain qui s’est planté en moto, pensez à qui vous voulez mais pas à votre petite personne.
  Et pour les plus courageux, permettez-vous de secouer verbalement ces «inciviques », ça fait du bien et eux ça ne leur fera pas de mal.
  Bien au contraire
  Merci

                                                                                                                                                « Une roue dans chaque main »

Manque de communication

Comme vous le savez sûrement déjà tous, il y a eu quelques cafouillages lors de la dernière remise des résultats des examens du mois de janvier. Rappel des faits: alors que les résultats des modules A,B,C et D furent affichés le lundi 27 mars, ceux du module E se sont fait attendre et ne sont sortis que le mercredi 29. Je n’écris pas cet article tant pour rejeter la faute  sur quiconque que pour dénoncer le manque de communication entre la fac et l’hôpital. En effet, quand nous ( étudiants du module E) avons voulu connaître les raisons de ce retard nous avons eu droit à 2 réponses différentes venant de la fac et des professeurs: chacun se rejetant la faute mutuellement...Il serait peut-être temps d’arrêter de se mentir et d’assumer ses responsabilités surtout dans une époque où il est question de dire la vérité aux patients, il serait   avant tout nécessaire de se dire la vérité entre nous( professionnels de la santé). Peut-être n’ai-je pas compris les explications que l’on nous avaient fournies et c’est pourquoi j’espère que chacune des parties concernées saura répondre à cet article en toute honnêteté par l’intermédiaire du PETIT GALIEN.

                                                                                                                                                        David (D3)

 

DERNIERES INFORMATIONS SUR LES REFORMES DES ETUDES MEDICALES
 

Nous avons reçu le 17 mai dernier un fax de l’ANEMF (Association Nationale des Etudiants en Médecine de France) dont fait partie le CREM. Celui-ci a pour but de nous informer des derniers rebondissements de la réforme des études médicales. Il y a en effet eu une réunion le lundi 15 mai dernier au CNESER (Comité Nationale de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche) durant laquelle différentes décisions quant à cette réforme ont été prise : Grâce au travail des représentants de l’ANEMF -entre autres- les décisions prises s’avèrent aller dans le bon sens.
 Voici donc ce fax signé par Christophe ORGAER, président de l’ANEMF .

                                                                                                                                                    Pour le CREM
                                                                                                                                                    Xavier L.

 Malgré les grèves et nos revendications les dossiers en cours avancent à grands pas. Il est clair que le poids des manifestations jouent en notre sens. (…)
Voici un petit résumé de ce que nous avons obtenu le lundi 15/15/2000 au CNESER.
 

Ä MODIFICATION DE LA LOI DE 1968 :

 - L’article 46 est ainsi rédigé : « le 3ème cycle des études médicales est ouvert à tous les étudiants ayant validé le 2ème cycle des études médicales. Seuls les étudiants ayant passé les épreuves du concours de l’Internat on effectivement accès à ce cycle d’études. (…) »

- L’article 56 est ainsi modifié : « les ministres chargés respectivement de l’enseignement supérieur et de la santé détermine chaque année le nombre de postes d’internes en médecine de telle façon que tous les étudiants ayant validé le 2ème cycle des études médicales puissent entreprendre un  3ème cycle d’études médicales et en fixent la répartition (…) »

En gros c’est l’internat pour tous, sans numerus clausus à la fin de D4 : autant de places à l’internat que de candidats.
(…)

- L’article 51 est modifié comme suit :
  « a- les termes les résidents sont supprimés »
  « b- les termes « quelque soit la filière choisie, les internes et les résidents… » sont remplacés par les termes « quelque soit la discipline d’internat, les internes… » ».

Ce qui veut dire qu’à partir de 2004 (internat pour tous), le DES de médecine générale sera créé intrinsèquement puisqu’on ne fait plus de différences entre internes et résidents. Qui dit interne dit spécialiste. En attendant 2004, un diplôme spécifique de formation  sera remis aux internes de médecine générale.
 Tout ceci a pour conséquences le droit aux remords : en effet, comme toute spécialité, l’interne pourra, selon son classement au concours, changé de filière en cours de route.
 

 Vote d’une motion sur le fait que le résidanat passe à 3 ans pour les internes entrant en 2000 sous la seule condition de la présentation au CNESER en septembre de la maquette de stage de 3ème cycle de médecine générale (modification du décret n° 88-321 du 7.04.1988 // art 2 ).

 « A compter de l’année universitaire 2000-2001, la discipline gynécologie-obtétrique et gynécologie médicale remplace la discipline gynécologie-obstétrique ».

Les problèmes engendrés par la gynécologie médicale soulevèrent d’énormes débats (…) notamment sur la création d’un DES de gynécologie médicale que le gouvernement ne veut pas. (…)
 

 La validation des stages pour les internes se faisaient par le chef de service. Or cei posait de nombreux problèmes surtout par le temps mis par certains patrons à valider le stage (plusieurs semaines parfois). Ainsi les internes avaient demander que ce soit le Doyen qui valide sur proposition  du chef de service et de l’équipe médicale. (…)
On obtient donc : «  «  dés la fin des stages »  la validation est proposée au directeur de l’UFRM dont relève l’interne… »
 

 CONCLUSION :

 Vous comprendrez sûrement l’importance du CNESER pour les étudiants en Médecine. (…) Les réformes arrivent au bout de leur chemin et il faudra rester vigilants quant à leur application. Cependant l’ANEMF a pesé très lourd dans les négociations, allant au bout de la volonté des 39 associations membres (NDLR : dont le CREM) et donc des étudiants. Nous avons été entendus et écoutés sur toutes nos revendications. Les étudiants en Médecine sont désormais assurés de naviguer dans de bonnes études et de devenir de bons médecins.
(…)

                                                                                Pour le bureau de l’ANEMF,
                                                                                Le président,
                                                                                ORGAER Christophe
 

COMPASSION et COMPÉTENCES
par G.K.M., étudiant en DCEM1 (étudiant depuis fort longtemps)

Indications Thérapeutiques:   à lire au moment où vos cours paraissent incompréhensibles
Effets:   quasi-immédiats, suite à la lecture de quelques lignes.  Le désir d'apprendre se voit accroître de manière fulgurante et le retour au polycopiés sauvages devient une obsession impérieuse afin d'éviter le sort de ceux qui, comme l'auteur, continuent à chercher de comprendre ...
Contre-indications:   risque de contagion lors d'une relation transférentielle.  En ce qui concernent ceux qui souffrent d’une insuffisance relationnelle ayant pour cause leurs recherches près des "frontières" du réel qui leur ont été prédéfinies, ces lecteurs ne doivent pas dépasser la dose d'une seule lecture rapide.
Note:   Cet article est la suite de celui qui est apparu l’année dernière: « Une petite "logorrhée" avec les mots:  Formulisme, compassion, physique, religion, multiculturalisme, maîtres, l'art (de la médecine) ...
 

Sources du débat

 En lisant un article (que je ne parviens plus à retrouver, malheureusement) d'un entretien avec le Pr. André Gouazé, j'ai vu aborder, pour la première fois, les notions de compassion et de compétences dans une relation hiérachisée si non d’exclusion, où la compétence était d'importance capitale et où la compassion était un supplément non-indispensable à la prise en charge du malade.  Cette relation d'exclusion m'est apparue presque naturelle, à tel point que, lors d'une question que m'a posé une collègue pendant un cours de bio-éthique, si je croyais que la compétence excluait la compassion, je m'appretais à répondre par un oui hatif, mais un tout petit doute m'a retenu.  Cela valait mieux car, entre temps, j'ai eu l’occasion de lire un article théologique du Pr. Olivier Clément, dans lequel il concluait que "l'homme a le droit à la compassion infinie".  Une recherche bibliographique sur un tel sujet, surtout à Poitiers est, malgré tout, assez difficile.  Outre un livre anglais "Family Medicine" que j'ai rapporté de chez moi, Mme Bulko, notre professeur d'anglais, qui porte un grand intérêt aux sujets "hors concours internat" tels que le geste et l'empathie, m'a proposé quelques articles que j'ai lu avec beaucoup d'attention.  Finalement, le cours de Psychologie Médicale du Pr. Senon contient beaucoup d’arguments allant dans le sens de ces articles.  L'idée de compliance liée à l'empathie ainsi que la disponibilité (au moins apparente), est toutefois plus manifeste dans son cours.  Ce qui suit est alors une version de "synthèse" de ces articles.

 Il est opportun de comparer, en quelques lignes, les approches d'exposition d'idées, approches qui sont quelque peu différentes entre Français et Anglo-Saxons.  Du point de vue médical, la conception française se distingue par la séméiologie, par de nombreuses descriptions, présicions et distinctions sur les divers signes observés, qui assez souvent ne sont pas autant différenciés chez les anglophones.  De plus, la classification d'un grand nombre de pathologies suit cette logique séméiologique.  On retiendra, donc, une approche assez cartésienne de la description des signes.  Chez  les anglo-saxons, c'est plutôt l'aspect pratique qui l'emporte:  moins de classifications qui, de plus, sont construites en fonction de la conduite à tenir et des traitements.  Ainsi, en ce qui concerne la classification, les Français seraient plus cartésiens et les Anglo-Saxons soi-disant plus pratiques.
 En ce qui concerne la pédagogie, les attitudes s'inversent:  les Anglo-Saxons illustrent par des exemples, de petits exercises que l'étudiant peut faire chez lui et qui le laissent progresser à son rythme.  Les descriptions sont basées sur la compréhension:  aucun détail n'est épargné.  Il devient clair, alors, que celui qui voudrait passer d'une culture à l'autre aurait beaucoup d'obstacles à franchir.  Ceci a été précisé pour vous faire part de la  difficulté de passer d'une mentalité cartésienne dans un domaine  et une langue donnés, au même domaine mais avec une autre mentalité et une autre langue!
 Les livres anglo-saxons ont souvent des préfaces écrites par l'auteur lui-même (quelle aberration,  me direz-vous), où il ne manquera pas d'évoquer divers obstacles, difficultés  et épreuves auxquelles il s'est heurté avant de prendre des décisions importantes: souvent l'arbre décisif est fourni.  Il ne manquera pas, non plus, de rendre hommage à ses maîtres, de saluer la patience de ces malades et de sa famille, de remercier le concours de ses collègues et d’encourage  la critique de ses lecteurs et de ses étudiants.  Les premiers chapitres consacrent beaucoup de pages à sujets d'ordre éthique, culturel ou relationnel, toujours illustrés par des exemples et des "premiers faux pas" qu'il a fait quand il était externe ou depuis qu'il est médecin:  l'erreur est humaine, mais évitable à un certain point grâce à la connaissance et à la vigilance.  C'est souvent dans ces premières pages que je trouve des indications très utiles, et que je m’en vais de ce pas, en partie, partager avec vous.

 Les divers articles étaient en quelque sorte d'accord pour exprimer l'importance de la relation médecin?malade.  En revanche, l'empathie, mot choisi pour representer une certaine attitutude vis-à-vis d'autrui, n'a pas été considéré comme indispensable par tous.  Il est intéressant de noter que tous ont argumenté selon la définition qui suit ci-dessous.  Celle-ci fut l'axiome à propos duquel des voix se sont élevées pour défendre ou combattre cette même empathie.  En dépit de ces divergences, que je qualifierai d'ordre étymologique, nous verront qu'il existe des propos qui surgissent et qui sont acceptés par tous, malgré le fait d'une classification hétérogène.

 Je n'ai pas effectué une recherche étymologique assez poussée sur le mot empathie et ses synonymes.  J’approfondirai le tout sous d’autres cieux, lorsque je serai plus amplement renseigné sur le sens de mots analogues qui existent dans d'autres cultures (il existe des mots comme raafa, rahma, chafaka, hassana et sadaka dans l’arabe classique et la religion musulmane; miséricorde, pitié, commisération, compassion, sympathie, amour, en français, avec les changements qu'auraient subi ces mots par rapport à leur origine hellénique ou latine; éleos, agapi, empathia, oiktirmon, philanthropia en langue hellénique; je suis en quête de mots provennant de culture ou de pensée allemande, bouddhiste , hébraïque etc..).  Nous amorcerons donc le débat grâce au mot "empathie" qui, malgré sa définition pré-existante en grec classique, d’où il est emprunté, a été redéfini par la communauté médicale anglo?saxonne de la manière suivante:

Empathy: Empathie
 
"The intellectual identification with  "L'identification intellectuelle avec,
or ou bien
the vicarious experiencing of l’epreuve distancée par rapport aux
the feelings of another, sentiments d'autrui,
especially in sorrow or in trouble." surtout dans des moments de peine ou de difficulté"

Empathie:  Une idendification intellectuelle par rapport aux sentiments d’autrui, ou bien le fait de les ressentir mais de manière distancée, surtout quand ils se situent dans un contexte de peine ou de difficulté.

Autres définitions:  L'empathie consiste

- d'un point de vue plus subjectif
- en la perception (plus ou moins la prise de conscience) subjective AINSI qu’en la compréhension de l'expérience subjective d'autrui.
- ("fellow feeling", "compassion" ou bien "commiseration")
- l'empathie est alors une observation subjective qui, liée à la séméiologie (l'observation dite objective), permet de percevoir la personne humaine dans son ensemble et de mieux comprendre, ainsi, sa souffrance (la souffrance étant défini ici comme la prise de conscience d'une destruction imminente de la personne)
- à se revêtir de la subjectivité d'autrui:  "entrer dans sa peau" enfin d'obtenir un "effet de résonance" et de "capter" ainsi sa souffrance.
- en une expérience "distancée":  l'empathiseur "goûte" mais ne vit pas l'expérience d'autrui.
- en un certain abandon de soi:  il s'agit là de laisser de côté soi?même afin de "s'emparer" et de "porter" les valeurs d'autrui sans un préjudice quelconque;
- à se laisser transposer dans le référentiel d'autrui afin d'acquérir une compréhension précise de sa souffrance.
- en un "chevauchement" (mieux connu comme un "crossing over", comme lors d'un synapse chromosomique), d'un "matching" (mise en "pair" des deux mondes subjectives) ou bien d'une identification:  on dirait presque une forme de télépathie!
- à se sentir comme étant le semblable pour ne pas dire l'identique d'autrui.


- d'un point de vue moins subjectif ou émotionnel qui sera, pourtant, et tout simplement, plus ouvert, plus attentif, et plus responsable:
- en une façon, en un mode de s'occuper d'autrui ("caring"), cherchant d'abord une connaissance et une compréhension aussi complète que possible de la personne et non pas seulement de sa maladie.
- à se soucier du devenir ("fate"), et de la chance ou malchance ("fortune") de la personne
- à chercher à comprendre ce qu'impliquent la maladie et le traitement au patient
(c'est-à-dire, comment le malade ressent-il sa souffrance, qu'est-ce qu'il en comprend et, finalement, qu'est-ce qu'il veut comprendre et ne pas comprendre:  où pose-t-il sa frontière de la vérité?  La déontologie française permet au médecin de "limiter" la vérité; dans le monde américain, on ne peut que "doser", mais il faudra tout révéler.)
- il ne s'agit pas seulement d'une émotion ou d'un sentiment mais d'une communication complète.
Selon ces points de vue, il n'est pas tellement question d'une attitude liée aux émotions ou à la perception subjective; il s'agit tout simplement d'être ouvert, attentif, responsable.  Ainsi, l'empathie impliquerait:
- la compréhension
- l'ouverture d’esprit sans préjudice, et non pas vraiment une transposition quelconque.
- une attention sincère et l'acceptation des soucis, quels qu'ils soient, et tel qu'ils sont manifestés par le patient.
- de s'occuper et œuvrer dans le sens du bien?être de la personne dans sa globalité (et non pas seulement avec pour finalité une simple résolution d'un "puzzle" clinique).
- une facilitation de l'acquisition de connaissances (informations) à propos de la personne, qui devient ainsi unique dans notre perception.  Avec l'expérience, ses connaissances auront un caractère cumulatif, et permettront à la compétence d'accéder au niveau d'expertise.

  En facteur commun, nous retiendrons la quête de l'information.  Subjective ou pas, une certaine disponibilité est indispensable.  Que l'on dispose de ce temps ou pas, celui vers qui on portera toute notre attention ne devrait pas s'en apercevoir.  Cette démarche de mise en confiance du patient passe tout d'abord par une présentation de soi, un contact corporel, et un petit sourire indiquant qu'on prend un certain plaisir de partager ce moment priviligié avec le patient:  "Bonjour M.     .  C'est bien comme ça que se prononce votre nom (on donne un "permis" au patient de rectifier non seulement son nom ou sa pronociation, mais une récapitulation de son histoire que l'on lui fera plus tard).  Je m'appelle......  Je suis étudiant en 3eme année, et je viens pour vous poser quelques questions"......on donne la main, on se met près de lui.  On jette un coup d'oeil pour trouver un objet qui ammorcera la discussion:  un périodique, une carte de voeux...  On passera à des questions dites ouvertes, du style "qu'est?ce qui vous amène chez nous" ou tout simplement, "qu'est?ce qui vous arrive".  L'anglais offre des formules assez sympathiques du style:  "how can I help you" ou bien "what seems to be the matter".  L'écoute initiale sera elle aussi "ouverte" et sans interruption, même aux moments d'une "perte du mot" (en moyenne, la première interruption viendrait au bout de 15 secondes!).  Mis à part nos qualités verbales, nos gestes sont de valeur aussi importante.  Divers études ont montré que le moment où on décide de bouger renforce la confiance quand ce geste est fait lors d'une pause de silence ou pendant une phase critique de la discussion:  ceci montre qu'on porte plus d'attention.  Mais le tout devient plutôt un manque d'attention et aboutit à une perte de confiance si de temps en temps on ne porte pas son regard sur le malade , surtout pendant des moments où "tombent" des informations critiques.  Ecrire sur la pancarte pendant qu'on interroge est, bien sûr, une attitude à bannir.  Le contact visuel a un rôle déterminant sur la quantité et la qualité des informations obtienues.  La meilleure technique pour apprendre le contact visuel et la patience face au silence est de suivre quelques cours de langue des signes enseignés par les sourds?muets.  Cela  pourrait être mis en place pendant quelques heures par mois.
 
  Le recueil des informations est, donc, d’une importance capitale.  Elles nous parviendront en échange de quelques minutes de plus et de quelques gestes simples.  Qu'on veuille s'identifier au malade ("Ah, oui, ma mère souffre de vertiges, aussi" ou bien "je me suis cassé le bras aussi, un peu comme vous:  je vous comprends") ou garder notre distance, il y a un seuil minimum à franchir, comme en atomistique, avant d’acquérir sa confiance, puis un autre avant d'avoir une liberté d'expression, encore un autre avant d'avoir une compliance, et ainsi de suite.  Chaque médecin, en fonction de sa personnalité, devrait trouver "sa recette".  Mais le temps qu'il devrait y accorder et les exemples qu'il aurait vécu sont des éléments incontournables.
 

L'empathie et la connaissance (ex.  technologie)
- sembleraient, d'une part, être en rapport inverse en fonction d'une relation temporelle:  plus de technologie = moins d'empathie
- le progrès prend du temps, laissant moins de temps pour s'occuper du patient
- on a de moins en moins une vision globale de la personne dû à la fragmentation ("fractionation") du corps par spécialité.
- il y aurait de moins en moins d'altruisme (souvent motivé par la religion) et de plus en plus d'individualisme.
- les études médicales déshumanisent l'approche du corps, pour ne pas dire la personne toute entière.
- il y a de moins en moins de modèles d'exemple de ce qu'est une personne empathique.
- et, d'autre part, sembleraient être indépendants:
- des médecins empathiques aussi bien que non empathiques ont existé depuis le début des temps (voir, par exemple, la description de leurs honoraires ou de leur attitude depuis Hippocrate, en passant par Molière,...)
- car il existerait une diminution de culture générale dans l'éducation primaire et secondaire, ainsi qu'une compartimentalisation des études pré médicales:  il n'y a plus d'éducation libérale
- la sensibilité, la sympathie ou bien la compassion doivent demeurer "incognito" afin que le médecin puisse être perçu comme étant imperturbable, lui faisant ainsi conférer plus d'autorité, ce qui augmentera la confiance du patient.

  Des médecins "sympas" ou bien "froids" ont certainement toujours existé.  Ce qui n'explique pas, pourtant, l'existence d'une sorte de consensus général reclamant un abord plus humain de la part des médecins.  De plus, tous s'accordent à dire qu'une "vue d'ensemble" commence à se raréfier.  Le déroulement de l'éducation en est apparemment responsable, d'où une remise en cause de la méthodologie pédagogique.  Le niveau de culture générale va en baissant, surtout dans le monde américain.  Il y a de plus en plus de sciences pures, mais des domaines tels que les langues (classiques aussi bien que modernes), la géographie, l'histoire, pour n'en citer que quelques?uns sont sur le déclin.  Ils compensent dans quelques domaines, par contre, où le dialogue enseignant?étudiant est manifeste, et où l'étudiant n'est pas poussé à "contourner" le système, mais à l'utiliser afin de formuler et défendre ses idées.  Malheureusement, il est vrai, qu’ on développe ainsi beaucoup d'idées, mais dans beaucoup moins de domaines.  Le système français vous est beaucoup plus familier.  Il existe, malgré tout, une certaine "lourdeur" dans les relations académiques....l'étudiant ici "subit" les connaissances, beaucoup plus passivement qu'ailleurs.  En revanche, la culture générale est beaucoup plus importante.  Donc, il semblerait que, d'un côté, on encourage la motivation personnelle, mais dans un nombre limité de domaines, et que d'un autre côté, on "bride" l'esprit curieux, malgré sa culture générale plus importante.  Ainsi, la technologie avance, mais sans prise en compte du reste.  Cette perte de vue globale à cause d'un manque d'information ou à cause d'un certain "status quo" a pour résultat une vision très limitée de l'importance de la fonction de médecin dans la société.  Il n'est plus l'homme d'esprit, qui osait prendre position ou défier une pensée  ? il n'est plus un citoyen de l'"agora".  Il est de moins en moins conscient du lien de son art avec le sort de la personne dont il s'occupe ou du sort de l'humanité.  La fragmentation de la médecine est peut-être inévitable, mais elle ne devrait pas l'être au point de perdre quelques grands repères d'attitude humaine, qu'aucune autre science ne saurait rétablir.  Si l'enseignement conduisant à la formation d'un médecin devrait se limiter à cause d'un manque de temps, il ne devrait pas se faire au détriment d’une certaine culture générale et d’un contact privilégié avec les enseignants dont les autres disciplines universitaires s’affranchissent.
  Pour leur part, les infirmières et les aides?soignantes ont beaucoup à nous apprendre.  A titre d'exemple, on sait que les responsabilités des infirmières en Amérique ont beaucoup augmenté ces dernières années.  Il n’empêche, qu'elles sont, au moins temporairement, la conscience de l'inconscient, l'amour de la vie du suicidaire, le moyen de locomotion de l'enfant, la connaissance et la confiance de la jeune mère, la voix de ceux trop faible ou trop en retrait pour parler.  On retrouve là le souci de la personne humaine dans sa globalité, si souvent perçu uniquement comme un corps par le médecin.  Que sait?on des effets que pourraient avoir les quelques mots et les quelques gestes de base d'une aide?soignante au patient en coma?  C'est au moment où l’on acceptera l'importance des gestes d'"empathie" ou de "compassion" ou d'"humanisme" de nos collègues qu'on aura compris que la souffrance n'est pas que corporelle, mais qu'elle est la prise de conscience par le souffrant d'une destruction imminente de sa personne.  Le courage qu'aurait une infirmière ou une aide soignante pour défendre un malade devrait aussi être enseigné au futur médecin.  Donc, même si la culture générale tend à se raréfier, l'exemple du geste et du comportement du reste du personnel est toujours à notre disposition:  nous n’avons qu'à observer, avec humilité.
 
 

Utilités et avantages de l'empathie
- l'empathie pourrait être utilisée comme moyen, outil, permettant d'obtenir des renseignements objectifs:  ces informations complémenteront ou, au moins, supplémenteront les informations/renseignements obtenus par tout moyen objectif (eg. technologie).
Par exemple, le contexte psycho?social d'une maladie donnée influence l'approche et le traitement du malade.  Ces informations supplémentaires peuvent?être acquises
- soit par plus de compassion/empathie selon les uns,
- soit par un interrogatoire plus poussé et plus complet selon les autres
- l'empathie (ou, tout simplement, les informations d'ordre psycho?social obtenues) permet une adaptation des connaissances à la personne.
- l'empathie permettrait au médecin de gagner un peu plus la confiance du malade
- plus important, l'empathie permettrait de faire accroître la compliance de son patient:  l'appui émotionnel crée un pont entre les incertitudes de la maladie et celle du traitement.
 
 
 

Quelques désavantages de l'empathie
- le médecin devrait rester détaché, il devrait être désensibilisé et, ainsi plus responsable afin de rester imperturbable.
- il faut être plus objectif, et se fier le plus possible à la confiance
- cette prise de distance devrait donner plus de confiance au malade
- on n'a pas besoin de se transposer dans la peau d'autrui
- selon William Osler et en ce qui concerne, par exemple, une transposition parfaite "soi sur soi":  "un médecin  qui s'occupe de lui?même a un fou pour médecin!"

  Les arguments en faveur d'un minimum d'empathie, d'un recul, et d'une objectivité sont à considérer dans des situations où on serait tenté d'utiliser un peu plus de compassion car n'ayant rien de physique à soigner.  Il faudra retenir qu'une approche avec de la compassion ne devrait pas remplacer la détection de signes objectifs.  Une réévaluation permanente d'ordre au moins académique est nécessaire, permettant ainsi une adaptation de son comportement en fonction non seulement du passé mais, aussi, en fonction de toute nouvelle information acquise.  Notre compassion ne devrait pas empêcher la science, en nous aveuglant.  Le subjectif ne devrait pas exister au détriment de l'objectif.  Par exemple, certaines maladies psychiatriques et fonctionnels sont aujourd'hui reconnus en tant que maladies physiques, dites desordres neurobiologiques.  Un changement radical de l'approche du malade est donc nécessaire.  Là où on aurait eu un peu plus d'empathie car aucun diagnostic physique ne pourrait être porté, il faudra revenir, en partie, à une médecine objective, déterministe.  Par exemple, on sera tenté de rire avec un patient sans nous poser plus de questions, tandis que des informations plus récentes nous auraient permis de diagnostiquer un désordre neurobiologique à travers un symptome devenu objectif.  Une approche rien qu'empathique vis?vis de pathologies reconnues comme organiques se fera au détriment au patient, surtout dans des situations où on utilsera des thérapies cliniques non?pharmacologiques à la place d'une neuropharmacothérapie.  Donc toute identification sympathique avec le patient suppose, avant tout, qu'on dispose de toutes les dernières connaissances.  Si non, il vaut mieux ne pas avoir de l'empathie.
  Une empathie sélective telle qu'on vient de décrire est le résultat d'un manque d'information et peut donner lieu au préjudice.  Elle sera évitée par le médecin qui aurait appris l'humilité et qui ne cessera de chercher devant un doute.  On peut en conclure, alors, que trop de subjectif sans le minimum d'objectif nécessaire risque de nous faire passer à côté de choses autrement évidentes.
 
 
 

Quelques "sources" d'empathie
- le plus souvent trouvé chez des personnes
- jeunes, (ayant donc plus d'idéalisme)
- qui ont un certain nombre de convictions idéologiques et morales, surtout à travers une religion
- avec des attitudes universelles car ayant beaucoup moins d'idées stéréotypées
- qui manifestent beaucoup de dévotion et ayant un grand sens de responsabilité
- chez des personnes qui ont un sens de la disponibilité, de l'effort, et de l'altruisme
- chez ceux qui ont de l'humilité
- étant beaucoup moins arrogants que certains de leurs collègues, ils cherchent beaucoup plus l'opinion et la collaboration non seulement de leurs confrères, mais aussi du personnel qu'ils dirigent ainsi que des patients.  D'autre part, ils se sentent beaucoup moins offensés si leur patient demande l'avis d'un confrère.
- chez des médecins où a existé une influence maternelle dominante
- chez un grand nombre de médecins de très grande compétence
la plupart de ces médecins empathiques auraient tendance à être plus compétents, à avoir « une vue d'en haut », comme des maîtres:  ainsi, la compétence n'exclut pas la compassion.

  Cette dernière partie nous est importante, car elle révèle le lien qui existe entre une certaine attitude vis?vis du malade et les compétences du médecin.  Les motivations, sa conception de son rôle en société, et son humilité ne sont que quelques exemples qui sembleraient être liés au vécu, un vécu où ce médecin aurait apprit à aller vers autrui.  Il aurait appris ceci grâce à des formules culturelles qui incorporent le geste dans la transmission d'une mémoire.  Cette mémoire et son mode d'emploi (en bref, comment refléchir, la méthodologie) auraient été transmis par un maître qui, par son savoir faire, aurait gagné l'admiration, le respect et la reconnaissance de son élève, à qui il aurait enseigné, de manière aussi personnelle que possible, l'humilité et l'approche humaine de son art  (voir le long éditorial d'introduction de l’année dernière pour plus d'arguments).  Sans même s'en apercevoir, le médecin deviendra compétent si ce n'est que par les informations supplémentaires que son comportement plus humain lui permettront d'obtenir.  Et grâce à sa reconnaissance pour son maître et son art, il franchira le pas de la compétence pour accéder à l'éxpértise où il deviendra, malgré lui, un maître.


Comment acquérir de l'empathie
- en favorisant les traits d'empathie dans la sélection des futurs étudiants en médecine et, ceci, en utilisant des tests objectifs de sélection.
- en accordant beaucoup plus de responsabilités à partir de la première année après admission:  par exemple, en les faisant prêter le serment d'Hippocrate avec leurs ainés.
- en favorisant et en appuyant les initiatives prises par les étudiants qui souhaitent améliorer une condition donnée d'un patient, d'un environnement, ou d'une attitude envers autrui (malade, personnel, autre étudiant, etc.)
- en obligeant les étudiants, lors d'un stage d'un mois, de suivre un certain nombre de patients dans tout leur parcours dès l'entrée jusqu'à la sortie, afin de partager les moments de grande patience, d'angoisse, d'incertitude, ....
- la mort ne devrait pas être affrontée seulement à travers les cadavres, mais surtout à travers les mourants (qui ne sont pas des morts vivants, mais des vivants mourants ... ):  faire que l'étudiant passe du temps avec un patient mourant, et sa famille.
- favoriser le "feedback" ("rétro?action") des étudiants:  un apprentissage devrait être actif, et non seulement passif dans le sens où il y a, en général, une acquisition passive de connaissances (flux unidirectionnel entre l'enseignant et l'étudiant)
- traiter les étudiants avec respect et dignité, aussi bien qu'avec de la compréhension au moment(s) de leurs difficultés personnelles
- il faudrait enseigner l'autocritique, la remise en cause et, surtout, l'humilité
- reconnaître ce que la science ne connaît pas, reconnaître aussi les moments ou on n'est pas sûr et qu'il n'y a rien de mieux que de demander de l'aide à son entrourage.

Quelques exercices de compassion et surtout de respect pour autrui au sein de notre Faculté:

L'empathie peut être apprise et , donc, enseignée

Quelques exemples pratiques

Pour aborder les "cas difficiles", il vaut mieux demander à quelques patients comment ils auraient aimé être abordé
  par exemple, en faisant venir pendant des soirées quelques personnes qui souffrent d'une pathologie particulière, et en leur demandant de partager avec nous ce qui les fait souffrir le plus dans notre comportement.  On apprendra ce qu'il faudra dire et ne pas dire, ce qu'il faudra faire et ne pas faire.  Nos enseignants, des psychologues, des associations, etc.. devraient être présents.
Pour apprendre à respecter ceux qui sont au?dessus ainsi que ceux qui sont "au dessous"
  On pourra commencer en améliorant nos rapports avec le personnel d'entretien de la Faculté.  Certes ils sont là pour nettoyer, mais nous ne devrions pas être là pour salir!  Nous pouvons commencer par leur dire bonjour quand on les croise, même si ils ne nous répondent pas au début (car ils seront stupéfaits, sans doute!).  Ensuite, nous pouvons faire deux?trois pas de l'extérieur vers l'intérieur pour jetter nos goblets dans une poubelle car, en les jettant dans le sablier à l'extérieur, on sait très bien que ce personnel sera obligé de les ramasser.  Maintenant qu'on détient ces informations, ce serait très irrespectieux de continuer à "éparpiller" des goblets non seulement dans la cour, mais dans les amphithéâtres aussi.  Au lieu de les renverser ou de les abandonner ,    on sait quoi faire ... poubelle!  Et si les enseignants voient des goblets sur les tables ils pourront aussi dire....."Poubelle"!  C'est simple!  Ensuite, si jamais on verse un goblet par accident, et si on n'a pas le temps de nettoyer, la moindre des choses est d'avoir l'honneteté d'aller aborder le personnel et d'en assumer la responsabilité tout en s'excusant.  Ils nous diront, bien sûr, que ce n'est pas grave.  Ainsi tout le monde aura fait des gestes fondamentaux à l'approche respectueuse d'autrui, point de départ indispensable à la compassion.  Maintenant ca ne sert à rien de parler des chewing gum et des mégots répandus dans les endroits les plus cachés qui devraient être scrutés par le personnel!
 
Pour apprendre à aborder la souffrance, il vaut mieux apprendre d'abord à ne pas s'en moquer et à ne pas s'en dégouter
  Ainsi, à la vue de diapositives ou de films avec des pathologies "rigolos", quand tout le monde commence à éclater de rire ou à dire "dégueulasse", les enseignants pourraient s’étendre un petit peu plus sur la répercussion qu'a cette pathologie sur la plan moral et relationnel du malade.  Ils nous diront aussi quelle sera la meilleure attitude pour aborder cette pathologie:  par exemple, est?ce qu'on la minimise ou est?ce qu'on en parle ouvertement?
et d'aller à sa rencontre
  Quant à nous, quand tout le monde connaît un détail douloureux de la vie d'un de nos collègues, il vaut mieux lui en parler directement, au lieu de prétendre de ne rien savoir.  Peut?être  pourrait-on donner un coup de main à celui qui se sent trop gêné pour le demander.

Si vous avez d'autres idées sur  "Exercices de Compassion" qu'on pourra mettre en œuvre au sein de notre faculté, n'hésitez pas à les partager avec nous.  Envoyez-les au C.R.E.M.
 

CONCLUSION
  L'empathie ou tout autre mot plus ou moins synonyme ne peut pas, à lui seul, décrire l'intégralité d'une attitude de soins, à laquelle s'attend toute personne souffrant d’une maladie organique ou fonctionnelle.  L'empathie est un terme qui a été récemment forgé en dérive de sa signification hellénique, afin de se focaliser sur un sujet qui prend de plus en plus d'importance de nos temps:  du constat d'un manque d'humanisme et de disponibilité dans la pratique médicale.  Au moment où on va traiter des relations humaines et de la communication à travers les quelques définitions qu'on peut donner à un mot grec, on est voué à des controverses.  Une chose paraît être clair, pourtant:  prenons tous le temps d'écouter, de comprendre, et de réagir à tout ce que l’on entend.  Demandons à entendre encore plus, soyons agréables, soyons disponibles, agissons pour la personne:  la définition de nos gestes n'est que du détail, pour le moment.  Seule une approche humble sera compensée de l’apprentissage ainsi que l’enseignement des gestes fondamentaux de la compassion car celle-ci n’est pas inné, mais acquise!

  Empathy or any other type of word cannot in itself fully describe the attitude of caring that any person expects when suffering of whatever funtional or organic disease.  Empathy has been coined so as to focus on the ongrowing debate about the lack of humanism within the medical practice.  Treating human relations and communication via various definitions of the Hellenic word meaning "passion, affection, etc..." is vowed to controversy.  One thing seems to be clear, however:  let us take the time to listen, to understand and to react to all that we may have heard.  Let us ask to hear even more ... Only a humble approach will allow one to learn as well as teach the fundamental gestures of compassion, it is not innate:  compassion is learnt!
 
 

  A long terme, la compassion semblerait avoir une influence (rétro?action) positive sur la compétence, amenant ainsi à l'expertise.
  La compassion demande une contribution énorme en temps et en disponibilité:  au début,  pendant l'acquisition de la compétence à travers la compassion, cette demande pourrait être au détriment de l'interessé.  Mais à long terme, cette mise sera d'autant plus rentable qu'elle aura été sincère.
 
 

Prochain article de G.K.M.: « Le serment d’Hippocrate:  version originale, traduction, interprétation contextuelle et formulaire, et comparaison à quelques versions contemporaines. »
 
 
 

Humanitaire

Si vous vous intéressez un peu à l’humanitaire, cet article vous concerne.
Au mois de février dernier nous avons eu la chance, 3 étudiantes en pharmacie et moi , de participer à une projet humanitaire au Burkina Faso dans le cadre d ‘une mission organisée par Pharmacien Sans Frontière(PSF). Le but de cette mission est de mettre en place un dépôt pharmaceutique de un village (Yaoghin) à 30 km de Ouagadougou, la capitale.
Une première équipe est partie pour rencontrer les villageois afin d’évaluer leur motivation et de prendre contact avec les autorités locales. Sur place nous avons rencontré une population très accueillante et extrêmement motivée pour l’implantation d’un Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) . Un CSPS se compose d’un dispensaire, d’un logement pour l’infirmier , d’un dépôt pharmaceutique et d’une maternité. Il faut absolument que les 4 bâtiments soient construits afin que le CSPS puisse fonctionner, c’est pour cette raison que je lance  un appel aux personnes intéressées pour monter un projet afin de construire la maternité. Si vous êtes donc emballé contacter le CREM.

                                                                                                                        David (D3)
 
 

A propos des externes…
 

  Lors d’une Assemblée générale pendant la grève des internes les externes réunis à la Milétrie ont voté à leur grande majorité le soutien du mouvement des internes. Par ailleurs, ils se sont engagés en cas de reminiscence et durcissement du mouvement, à se mettre à leur tour en grève et à mettre en œuvre tous lesmoyens nécessaires pour se faire entendre.

  L’ANEMF , qui soutient le mouvement des externes sur le plan national quant à une revalorisation de leur statut (en particulier celui des D2) , a adressé  le 15 mai dernier une lettre aux députés afin de les alerter sur la situation des externes. Cela afin que le problème soit posé lors de la séance de questions au gouvernement à l’assemblée nationale.
 A suivre…

NB : Cette lettre est disponible au CREM.